Epstein-Barr : pourquoi attire-t-il tant l’attention des chercheurs ?
Le virus Epstein-Barr (EBV) est un acteur majeur dans l’histoire du lupus. Ce virus, responsable aussi de la mononucléose (“maladie du baiser”), infecte plus de 90 % des adultes à travers le monde [CDC].
La particularité d’EBV, c’est qu’il reste “dormant” dans l’organisme après la première infection. De temps en temps, il peut se “réveiller” sans symptômes visibles.
Quel lien avec le lupus ?
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Surreprésentation chez les personnes lupus : Plus de 99 % des patients lupus ont été exposés à EBV, contre environ 90 à 95 % chez la population générale [NIH].
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Niveau d’anticorps accru : Chez les personnes atteintes de lupus, ces anticorps (défenses contre le virus) sont souvent plus élevés, signes d’un contact plus intense ou récent.
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Imitation moléculaire : Certaines protéines du virus ressemblent à celles de notre propre corps (phénomène d’“imitation moléculaire”). Cela trompe le système immunitaire, qui peut alors attaquer ses propres cellules par erreur.
Concrètement, dans le lupus, on retrouve des anticorps dirigés contre l’ADN ou certains composants des cellules (comme la fameuse anti-dsDNA). Or, EBV “mimique” ces composants, ce qui pourrait “lancer” la réponse auto-immune.
À ce stade, on ne peut pas affirmer que le virus cause le lupus à lui seul. Mais chez certaines personnes génétiquement vulnérables, il semble précipiter l’apparition des symptômes ou des poussées.